Hello,

 

Je suis très contente de venir m’asseoir sur mon canapé avec mon gros plaid pour vous écrire cet article. Je pense d’ailleurs que c’est la meilleure façon qui soit d’aborder sereinement un article de la catégorie temps de pause !

Depuis un petit moment déjà, j’ai envie de vous parler d’une activité à part entière qui devrait avoir sa place dans la vie de tout un chacun mais qui pose régulièrement problème : « ne rien faire ». C’est assez compliqué de parler de « ne rien faire » car ça n’a même pas de vrai nom, on ne peut pas le définir précisément ni lui attribuer de caractéristiques distinctes. 

Remarquez, c’est peut-être aussi pour ça que c’est bien. Le simple fait que ce soit quelque chose d’indéfinissable nous indique la direction que veut nous faire prendre cette activité à savoir la détente et le lâcher prise. Pas bête quand on y pense.

Finalement alors, en quoi ça consiste « ne rien faire » ? Quand on essaie de répondre à cette question en décryptant mot à mot cette expression, on se rend vite compte que ça ne nous mène pas bien loin. En effet, théoriquement, « ne rien faire », ce n’est pas possible. 

Par exemple, respirer, c’est faire quelque chose et aux dernières nouvelles, on ne peut pas arrêter de respirer, enfin, plus de quelques secondes en tout cas. Puis même si on pouvait, le simple fait d’arrêter de respirer, c’est faire quelque chose : l’action de bloquer sa respiration. 

Ok, j’avoue qu’après ce paragraphe vous allez commencer à douter du fait que vous vous trouvez bien sur un blog qui se revendique « sans prise de tête ». En fait, pourquoi je vous dis tout ça ? Simplement pour vous faire comprendre qu’il n’y a pas de règles. Il n’y a pas réellement de critères pour être considéré comme étant en train de « ne rien faire ». C’est quelque chose d’assez personnel qui diffère chez chacun d’entre nous. 

Je vais donc essayer de vous donner une idée générale mais c’est à vous de l’adapter à votre cas. Bien. « Ne rien faire », c’est une activité calme, paisible qui ne demande pas de concentration et n’engrange pas d’émotions fortes. C’est une sorte d’état de « veille » dans lequel on se plonge pour une durée indéterminée.

Lire un livre ce n’est pas rien faire. Discuter ce n’est pas rien faire. Regarder un film ce n’est pas rien faire. C’est plus simple à expliquer dans ce sens là. Si on veut, « ne rien faire » c’est juste entre vous et vous et rien d’autre. C’est un moment où tout est très calme et lisse. 

C’est en quelque sorte le summum du lâcher prise. Quand vous ne faîtes rien, vous ne ressentez pas de signes d’angoisse ni de joie particulière, vous êtes plutôt neutres. Vous pouvez penser par contre. Pensez à ce que bon vous semble, sans vous y forcer. Juste penser. 

Ce qui est angoissant quand on ne fait rien

Vous vous demandez peut-être alors à quel niveau cette activité pose t-elle problème ? Pourquoi créée t-elle de l’angoisse chez nous ? Pourtant ce n’est rien, c’est tout simple. 

C’est peut-être justement ça le souci. C’est tellement simple que ça en devient compliqué. L’esprit humain est le pro pour ce genre de choses. J’ai relevé trois causes principales qui font que « ne rien faire » est un facteur de stress chez pas mal de monde alors que ça devrait être l’inverse.

1) La peur de l’ennui

Dans une société comme la notre où nous sommes conditionnés à avoir un rythme de vie intense et donc à enchaîner les diverses tâches dans notre quotidien, la peur de l’ennui est omniprésente lors des pauvres petits laps de temps qui ne sont pas remplis. 

C’est plutôt logique, puisque nous sommes habitués à être occupés la majorité de notre temps, quand nous ne le sommes pas, nous sommes plongés dans une situation inconnue. Rien de prévu à l’horizon. Aucune obligation. L’angoisse. 

Vient alors la peur de l’ennui. Vous pensez devoir trouver une activité à faire mais comme ce n’est pas habituel, vous ne savez pas vers quoi vous diriger. Il est pourtant impensable de rester comme ça, les bras croisés. Vous vous creusez alors la tête dans le but désespéré de trouver une occupation. 

Pourtant, vous en avez une juste devant vous qui vous attend : « ne rien faire ». Cette peur ou même dirais-je ce rejet de l’ennui vous pousse donc à sortir le plus rapidement possible des moments où vous pourriez juste « ne rien faire ».

2) La peur du temps qui passe

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Quel que soit notre âge, vingt comme soixante ans, la peur du temps qui s’écoule est présente en nous. Quand on y pense, c’est plutôt logique puisqu’à chaque nouveau jour, il nous reste moins de temps à vivre que le précédent. Cela dit, ça ne doit pas être un obstacle. 

Savourer chaque instant est une bonne optique de vie mais chercher à surcharger les 24h quotidiennes qui vous sont imparties ne l’est pas. Vous pensez optimiser chaque instant de votre vie en agissant de la sorte et ainsi pouvoir en profiter le plus possible alors qu’en réalité, vous faîtes tout l’inverse.

Cette peur du temps qui passe vous pousse à accumuler les activités et à ne jamais laisser de « temps mort » dans votre quotidien. Pour vous, « ne rien faire » est inutile, c’est une perte de temps considérable. Pourquoi gâcher du temps volontairement ? Voilà le type de raisonnement qui pousse à ne jamais se laisser du temps pour « ne rien faire ». 

La course à la productivité, à la rentabilité et j’en passe est donc la source de cette peur qui vous empêche de vous accorder des moments calmes. Ce mode de fonctionnement créé chez vous cette réticence à « ne rien faire » alors que c’est pourtant bien nécessaire. 

3) La peur de se retrouver face à soi-même

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Quand vous avez un programme, un cadre, un agenda rempli, vous n’avez pas à vous soucier de vous retrouver face à vous même. Vous enchaînez toutes vos activités la journée. Une fois le soir arrivé, vous êtes tellement fatigués que vous filez vous coucher et rebelote dès le lendemain matin. 

Forcément, avec ce genre d’emploi du temps, aucun risque de se prendre la tête ou d’être exposé à de grandes questions existentielles. Vous êtes en permanence entourés de personnes ou quand vous ne l’êtes pas, vous avez la tête dans le guidon au point de ne pas avoir le temps de vous retourner.

Quand par contre, il vous arrive d’avoir un laps de temps vide, c’est la panique. Votre esprit n’est plus occupé à autre chose, vous vous retrouvez seuls face à vous même. Tout ce à quoi vous ne laissez pas l’occasion de sortir d’habitude vous tombe dessus et vous n’y êtes pas mais pas du tout préparés. 

Toutes les questions, les doutes, les remords surgissent et vous sautent dessus. C’est ce que vous cherchez à éviter à tout prix. Vous essayez alors de ne jamais avoir à faire face à ce genre de situation désagréable en évitant les temps morts. Cette crainte ne vous laisse donc plus l’occasion de pouvoir « ne rien faire ».

Pourquoi « ne rien faire », c’est nécessaire ? 

Ok. Bon. Maintenant, peut-être que vous vous demandez si je cherche à vous faire peur. La réponse est non. Certes, ces trois peurs qui sont d’ailleurs chacune liées entre elles sont totalement compréhensibles mais ce n’est pas une raison valable pour abandonner l’idée de « ne rien faire ». 

Pourquoi cette activité qui donne tant de fil à retordre est elle à ce point nécessaire dans ce cas ? Tout simplement parce qu’elle est vitale. Vivre sans, c’est un peu comme si vous demandiez à un sprinter de courir pendant 20km ou à un oiseau de ne jamais se poser. Vous voyez le principe ?

ne rien faire

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Nous ne sommes pas des appareils électriques mais notre fonctionnement reste tout de même similaire à celui d’une batterie. En réalisant les choses de notre quotidien, nous puisons dans nos batteries qui se déchargent plus ou moins en fonction de l’intensité du travail demandé.

Quand nous arrivons à un stade où nous avons trop consommé d’énergie, il faut que nous nous ressourcions en mangeant et en dormant. Le truc c’est que nous sommes tout de même un petit peu plus complexes que des machines. En conséquent, le rythme décharge/recharge, décharge/recharge, etc, ne suffit pas à nous faire retrouver toute notre énergie. 

Pour parvenir à regagner l’ensemble de nos forces, nous avons besoin de moments autres que les sommeil et les repas où notre esprit est au repos. Pourquoi ? Parce qu’en dormant et en mangeant, notre corps récupère mais notre esprit lui, à besoin d’un moment qui lui est consacré. Imaginez tout ce que vous lui faîtes éprouver au long de vos journées. 

Justement, c’est « ne rien faire » dont il a besoin. C’est donc ici que s’opposent deux théories : remplir le moindre temps libre pour tenter de profiter un maximum de la vie ou faire peut-être un peu moins de choses mais en profiter pleinement parce que vous en aurez les capacités. 

Je pense qu’il n’y a pas photo, la seconde proposition s’impose dans le cadre d’une vie paisible et équilibrée. Bien-sûr vous voulez profiter de votre vie, faire un maximum de choses et apprendre tout ce que vous pouvez mais je pense que ça vaut le coup de le faire dans de bonnes conditions, non ?

ne rien faire ne rien faire

Enchaîner tout ce que vous pouvez pendant 2, 5 ou peut-être 10 ans pour les plus résistants vous mènera à un seul endroit : votre lit pour bien plus longtemps que ça, je vous l’assure. Par contre, savourer chaque moment en s’accordant régulièrement des moments de pause tout au long de votre vie vous apportera largement plus de satisfaction. 

Honnêtement, qu’est ce que ça coûte finalement ? Le tout est de l’accepter, comme vous acceptez que la batterie de votre smartphone ne tienne pas plus de 10h d’affilées. Le tout est de le comprendre et de faire avec. C’est une contrainte qui n’en est finalement pas une pour tout le bien qu’elle vous apportera. 

Respectez-vous un tant soit peu et accordez-vous du répit. Il n’y a pas que les moments forts qui comptent. La vie est une accumulation de petits instants, c’est de ça dont vous vous souviendrez, plus tard. Je pense que vous préférerez regarder en arrière en vous rappelant d’un quotidien agréable et reposé que d’un enchaînement effréné d’activités. 

Si vous arrivez à « ne rien faire » quand vous en avez besoin, la richesse engrangée le reste du temps sera décuplée. Vous vous sentirez en vie et maître de votre vie. Vous aurez gagné, vous aurez réussi à jouer avec vos propres contraintes et ça, c’est fort.

Quand est-ce que c’est nécessaire ? 

ne rien faire

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En ce qui concerne la fréquence de ces moments, là encore, rien n’est prédéfini. Tout dépend de la période de votre vie dans laquelle vous vous trouvez, des objectifs que vous avez, des choses que vous devez gérer, etc. C’est pour cette raison qu’il faut que vous soyez connectés le plus possible avec vous même. 

Ecoutez-vous, ressentez-vous. Comment vous sentez-vous en ce moment ? Est-ce que vous tirez sur la corde ? Est-ce que c’est une période ou tout roule ? Tout dépend de votre situation. La réponse sera vraiment différente pour tout le monde. Quand vous en avez l’occasion en tout cas, prenez ce moment pour vous. Ce ne sera jamais de trop.

Il n’y a pas non plus de « durée » à respecter. Des fois cinq petites minutes vous feront déjà un bien fou et d’autres, il vous faudra peut-être une heure, à vous de voir. Ne cherchez pas à savoir, cherchez à sentir. C’est différent.

Comment parvenir à « ne rien faire » ?

A présent, vous savez que « ne rien faire », ce n’est pas toujours facile et quelles en sont les raisons. Vous savez également que c’est nécessaire pour votre bien-être mais vous vous demandez certainement, comment fait-on pour y arriver ?

Comme d’habitude, pas de recette miracle à l’horizon mais une bonne dose de lâcher prise devrait vous apporter ce qu’il faut. Premièrement, commencez par travailler sur votre état d’esprit. Maintenant que vous avez compris pourquoi « ne rien faire » était important, convainquez vous. Croyez y profondément et fermement.

Ensuite, détendez-vous. Ce n’est surement pas en vous mettant la pression ni en vous forçant que vous allez y parvenir. Soyez relax, dîtes vous que ce n’est que du bénéfice et laissez vous aller. Ne vous mettez pas la pression. Les premières fois, si vous n’avez pas l’habitude, cinq minutes suffiront largement. Vous aurez tout le temps plus tard d’allonger les « séances ».

Rappelez vous avant tout que c’est pour vous faire du bien. Ce n’est pas une épreuve et encore moins de la torture. Essayez de vous mettre dans les conditions dans lesquelles vous êtes à l’aise. Moi, j’aime bien m’affaler dans mon canapé par exemple. Vous pouvez aussi aller vous allonger dans l’herbe ou vous asseoir sur un banc. Comme vous préférez.

ne rien faire ne rien faire

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Installez-vous confortablement, comme bon vous semble. Nul besoin de fermer les yeux, si ça vous fait du bien, faîtes le mais ce n’est absolument pas une obligation. La seule chose qui est nécessaire c’est que vous, ça vous convienne. 

Laissez votre esprit vagabonder là où bon lui semble. N’essayez surtout pas de vous forcer à penser à quelque chose ou au contraire, de ne pas penser à quelque chose. Ce genre de moment est justement fait pour que vous puissiez aborder avec vous même, en tête à tête tout un panel de sujets divers et variés. 

Ne vous refoulez pas vous même, soyez ouverts. Vous pouvez donner une direction à vos pensées si vous le souhaitez mais sinon, laissez votre esprit faire. Pas de panique, il va trouver tout seul, je vous le garantis. On pense toujours à quelque chose, c’est un peu comme avec la respiration. 

Vous pouvez réfléchir à des sujets du quotidien comme ce que vous avez mangé ce midi où à la belle fleur que vous avez vu ce matin en allant au travail autant qu’à des sujets plus profonds comme vos valeurs, vos convictions si ce sont des sujets qui vous viennent en tête. 

Vous voyez quand vous êtes sur votre feuille/ordinateur à l’école ou au travail et que vous n’êtes pas dedans. Tout d’un coup, vous vous surprenez à être partis dans vos pensées sans même vous en rendre compte. Je suis sure que ça vous est déjà arrivé. C’est exactement ce genre « d’état » qu’on cherche à reproduire pendant ces moments calmes.  

En réalité, ce n’est pas compliqué, il faut juste que vous arrêtiez de vous mettre la pression. Faîtes vous un tout petit peu confiance et laissez vous aller. Remémorez vous une chanson dans votre tête en regardant le ciel bleu si ça vous chante ou enfouissez vous sous la couette pour refaire le monde, comme vous préférez. 

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Quoi qu’il en soit, prenez ce moment pour vous et vous seuls. « Ne rien faire » ne devrait plus être une source de tracas et même au contraire, devenir un moment de plaisir et de bien-être. Si vous avez à nouveau des doutes, ce qui est tout à fait probable, rappelez vous tout le bien que ça vous apporte. 

Ayez confiance, vous allez y arriver. Vous gagnerez en bien-être, en bonne humeur et en positivité. Vous allez vous surprendre vous même, j’en suis sûre. Il ne reste plus qu’à tester, je compte sur vous. 

Prenez soin de vous. Prenez plaisir à « ne rien faire ». Moi j’y vais. A plus.